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Littérature du Moyen Age, récits épiques, chevalerie et templiers

Par • 5 juin, 2010 • Catégorie: Des livres et vous

Comment se représenter la vie quotidienne et spirituelle mille années avant la nôtre, tant le moyen âge a été caricaturé et déformé par les siècles nous séparant de lui ? Comment une société chargée d’espoirs, d’exploits et d’idéaux s’est développée plusieurs siècles durant, grâce à d’autres modèles que ceux qui aujourd’hui s’effondrent ?

La lecture de la littérature ancienne apporte quelques éléments de réponse. Pourtant, le Moyen Age qui couvre 1000 années de notre histoire, nous a laissé très peu de textes. On garde toutefois les indications précieuses de Jean Bodel qui, au XIIe siècle distingua la littérature en 3 grandes thématiques ou cycles : « la matière de France, de Bretagne et de Rome« .
Outre la complexité et la diversité des « dialectes » (langues du nord des trouvères ou du sud des troubadours), les mots perdus, les sens cachés, il faut reconnaître que la difficulté première pour l’historien est de traduire l’esprit de l’homme médiéval, tant il est subtil, léger et raffiné à la fois.

Ainsi les chansons de geste, fleuves poétiques souvent joués et chantés par un groupe des conteurs infatigables, sont les témoins des préoccupations quotidiennes des féodaux et du peuple : En exemple, au XIe siècle « en matière de France », dans le cycle dit de Charlemagne, La chanson de Roland met en scène les qualités guerrières : héroisme, honneur, trahison, vengeance et amitié. La fatalité s’appelle alors la guerre. Une fatalité qui dure plusieurs siècles.
On retrouve au XIIe siècle, un récit épique de la même verve, La légende de Guillaume d’Orange, ou encore le roman de Raoul de Cambrai et de Bernier, le bon chevalier.
Peu à peu la guerre fait place à une autre fin héroique, plus sensible : la mort par amour. Les dames entrent dans le coeur des chevaliers qui deviennent des « champions ». C’est l’apparition du récit courtois et de la lyrique médiévale. Et s’il ne meurt pas d’amour pour sa dame, le chevalier doit, comme le Chatelain de Coucy, mourrir en croisade*.

Toutes teintées de merveilleux et d’enchantements, ces chansons de geste françaises sont toutefois bien différentes des textes « en matière de Bretagne« . Le cycle arthurien, avec le Roman du Roi Arthur, les Lais de Marie de France, et les légendes de la forêt de Brocéliande illustrent la tradition celtique, avec son cortège de fées, en opposition aux traditions greco-latines.

Au moyen Age, on ne cherche ni le succès, ni la vérité historique, seul compte le récit. Ainsi, on peut être chroniqueur et poète à la fois, comme Jean de Froissart qui laisse des chroniques de Flandre de Hainaut et d’Artois au temps de la guerre de cent ans ou des poèmes (virelais et pastourelles) regroupés dans une anthologie de poésie. Le Roman d’Hugues Capet est également un exemple frappant : l’auteur (poète anonyme du XIVe siècle) réinvente l’histoire, celle du 1er roi capétien, et transpose dans son récit épique l’histoire de ses contemporains. Légendes et romans ne sont jamais figés dans le texte, ils voyagent à l’étranger et dans le temps pour s’enrichir des rencontres et des nouvelles préoccupations humaines.

Cette promenade médiévale serait incomplète si l’on n’évoquait pas l’omni présence du christianisme dans ces récits. L’imaginaire est teinté de miracles et mystères qui finalement donnent une juste impression des aspirations des hommes et femmes du Moyen Age.

Si la musique ancienne, comme le souligne François Lazarevitch, avait une véritable fonction, la littérature médiévale écrite dans la langue du vulgaire et contée par des jongleurs partout en Europe a contribué, elle aussi, à la construction d’une vie en communauté, où chacun trouvait sa place dans le récit qui lui était offert. Quelques siècles plus tard, les artistes à la recherche du lien perdu avec le peuple, ont largement puisé dans ce fonds de christianisme et de fables légendaires, passant alors du romanesque au romantisme…

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La première croisade (1096-1099) donna aux grands féodaux puissance et gloire, le peuple suivit l’appel lancé par le Pape  » Deus lo volt » (dieu le veut). Un siècle plus tard, pour protéger les pèlerins en route vers Jerusalem, une poignée de chevaliers fonde les Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon à l’origine de l’ordre des templiers. Découvrez notre sélection de livres sur les templiers.


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