Littérature halieutique
Par admin • 13 mai, 2010 • Catégorie: Des livres et vousTout comme la cynégétique s’attache à la connaissance et à la gestion de la faune sauvage, à l’art de la chasse, la littérature halieutique couvre celles des ressources vivantes aquatiques et l’art de la pêche.
En attendant l’ouverture de la chasse, attardons nous un peu au bord de l’eau et voyons comme la pêche et les poissons sont un noble sujet pour former une belle bibliothèque.
La récente acquisition d’un lot de livres de pêche nous amène à considérer quelques constantes à travers les âges : l’utilité, l’inventivité et le plaisir que procure la pêche.
- L’utilité fort bien rappelée par Duméril dans sa préface au nouveau dictionnaire général des pêches « La pêche et les Poissons » par Henri de la Blanchère, et qui rappelle quelques auteurs de traités de pêches plus anciens : « Il serait superflu de s’étendre beaucoup sur l’utilité du travail que nous entreprenons », disait en 1769, Duhamel du Monceau dans l’Introduction de son Traité des Pêches. « Tout le monde sait, ajoute-t-il que la pêche occupe et fait subsister un grand nombre d’hommes robustes et utiles à l’Etat. » Trente ans plus tard, en 1798, Lacépède a exprimé une pensée analogue dans le Discours qui ouvre le Tome I de son Histoire naturelle des poissons.
- L’inventivité réside dans les différentes manières d’attraper ce poisson. Le premier véritable livre de pêche français parut en 1662 chez Charles de Sercy sous le titre évocateur d’inventivité : « Les ruses innocentes ». L’auteur, au surnom tout aussi évocateur, était le Frère François Fortin, religieux de Grandmont, dit « le solitaire inventif ». Cet ouvrage composé en 5 livres donne dans le dernier « dans lequel se voient de belles et nouvelles inventions pour la pêche du poisson » d’innombrables recettes et conseils pour attraper carpe, anguille, brochet, grenouille… Le matériel de pêche surtout fait preuve d’invention à travers les âges, les cannes, les lignes, les hameçons, la flotte mais aussi les appâts, pâtes, esches, vers, mouches… enfin les techniques, aujourd’hui dites « sportives », à canne fixe, à fouetter, à grande volée, au passer, au lancer, etc.
- Le plaisir enfin, est une constante. Notre ouvrage préféré édité à Paris chez Guillot en 1786 par M. Buc’hoz : le Traité de la pêche ou l’art de soumettre les poissons à l’empire de l’homme commence ainsi et résume ce qui vient d’être écrit : » La pêche est le passe-tems le plus agréable de la campagne, & l’Art qui renferme le plus de secrets : elle est aussi divertissante qu’utile & facile à pratiquer : il ne faut qu’un peu de patience : on s’est dirigé sur les moyens d’attraper les poissons, sur l’instinct particulier que la nature a donné à chacun d’eux. On peut dire qu’on ressent dans la Pêche un certain charme secret qui nous entraîne ; c’est tout à la fois un amusement honnête & innocent, & par cet Art nous pouvons garnir nos tables des mets les plus exquis… »
Rien d’étonnant de trouver dans notre sélection de livres de pêche, une place importante à la truite, qui règne en reine des rivières et qui exige du pêcheur une connaissance et un esprit naturaliste, car finalement qu’enseignent tous ces livres magnifiques si ce n’est la place que l’homme occupe dans la nature ?
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A la pêche :
C’est un brave pêcheur qui revient de la pêche, avec tout son attirail.
Il a sa ligne sur l’épaule et rencontre un copain.
- Tu viens de la pêche ? lui demande ce dernier.
- Oui, ça se voit.
- Ah, c’est beau, la pêche. Qu’est ce que tu es allé pêcher ?
- Des brochets.
- Tu en as pris combien ?
- Aucun, malheureusement.
Le copain réfléchit, puis demande :
- Mais alors, dans ces conditions, comment sais-tu que tu étais allé pêcher des brochets ?