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Carte à jouer au portrait de paris

Par • 24 mai, 2010 • Catégorie: Trésors cachés des livres

Ou comment un trésor peut en cacher un autre…

Il y a quelque temps, nous vendions une très belle édition de « la flore des dames » à un homme qui s’intéressait beaucoup au langage des fleurs. En toute simplicité je joins à son achat un jeu de cartes divinatoires « Le langage des Fleurs ».
La réaction de notre sympathique client ne tarde pas, il m’adresse en retour une carte à jouer au portrait de Paris de 1701 provenant de sa collection personnelle avec une étude qu’il a réalisée pour le bulletin des vieux papier intitulée « Les cartes à jouer au portrait de Paris de 1701 à 1778« . Cet homme, c’est Jean-Pierre SEGUIN.

Voici ce qu’il indique dans le bulletin des vieux papiers :

« La mise au jour de plusieurs milliers de cartes à jouer parisiennes du 18e siècle, intervenue de façon fortuite en 1962, au moment où je préparais, à la Bibliothèque nationale, une exposition sur le thème de Cinq siècles de cartes à jouer en France, m’avait permis de combler une lacune dans les collections du Cabinet des estampes et de présenter au public une première esquisse de l’histoire de cette période. »

En admirant mon beau roi Cezar, et en découvrant l’étude de M. Seguin, je me souviens d’une figure de Reine vue récemment quelque part parmi mes livres : C’est en parcourant l’histoire d’Olivier Cromwel dans sa belle édition chez Pierre Elzevier de 1691 que je la retrouve, en marque page. Une gravure sur bois exactement, avec des couleurs posées au pochoir. Oui, c’est bien une carte à jouer ancienne.
Ainsi, grâce à Jean-Pierre Seguin, ma reine a trouvé son roi !

Cartes a jouer anciennes

Pour en savoir plus sur les cartes à jouer, nous disposons en boutique de deux bulletins sur le sujet :

- LE VIEUX PAPIER Cartes à jouer auxiliaires de Justice par Claude Guiard
- LE VIEUX PAPIER Cartes Portrait de Paris avant 1701 par T. Depaulis

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  1. QUIZ Jules Vernes, Hetzel
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Une Réponse »

  1. Aux questions sur l’origine des cartes à jouer, n’étant pas spécialiste, je répondrai en me fiant à Paul Lacroix qui, dans son « Le Moyen-âge et la Renaissance : histoire et description des moeurs et images » consacre un chapitre aux cartes à jouer » :

    L’origine des cartes à jouer a toujours préoccupé les savants, parce qu’elle se rattache, non-seulement à l’histoire des mœurs, mais encore à l’invention du papier, de la gravure et de l’imprimerie. C’est à ces différents titres, qu’un sujet, si futile en apparence, a mérité d’être examiné avec tant de soin et d’érudition dans un si grand nombre de dissertations et de volumes. Après toutes ces recherches, après tous ces systèmes, qui se combattent ou se fortifient l’un l’autre, la question principale ne parait pas mieux éclaircie. A quelle époque fixer l’invention des cartes à jouer ? à qui appartient cette invention?
    (…)
    Il faut diviser la question pour la résoudre ; car si l’introduction des cartes à jouer en Europe ne remonte pas au delà du quatorzième siècle, si la découverte du jeu de piquet ou des cartes actuelles n’est pas antérieure au règne de Charles VII, il est toutefois évident que les caries à jouer existaient dans l’Inde, ou du moins en Chine, dès le douzième siècle, et que l’antiquité avait eu des jeux analogues, c’est-à-dire résultant de la rencontre fortuite de certaines figures et de certains nombres représentés sur des dés ou des tableaux.
    (…)
    Les cartes à jouer, proprement dites, avaient été inventées en Chine, ou plutôt importées de l’Inde, vers 1120 ; elles étaient dès lors en usage chez les Arabes comme dans tout l’Orient : ces Arabes, ces merveilleux joueurs d’échecs, auraient inventé les cartes, si elles ne l’eussent pas été déjà. Ce fut sans doute à la suite des croisades, que les premiers jeux de cartes pénétrèrent en Europe ; mais on doit présumer qu’ils ne s’y répandirent guère, puisqu’on ne les voit pas mentionnés parmi les jeux de hasard proscrits par les conciles et les synodes ecclésiastiques, ainsi que par les ordonnances des rois.
    Cependant le jeu de cartes arrive de l’Arabie, de Médine, qui était la capitale de la Sarrasinie (Seracinia); il arrive à Viterbe, en 1379, avec son nom arabe, et il se répand si rapidement en Europe, que nous le trouvons à Burgos en 1387, à Paris en 1392 et 1397, à Florence en 1393, à Ulm en 1397, et à Milan vers 1400. Mais ce n’étaient déjà plus sans doute les cartes orientales, et elles avaient pris, en passant d’un lieu dans un autre, quelque chose des costumes et des mœurs du pays qui les adoptait.
    Elles gardèrent toutefois la racine de leur nom arabe, en Italie, où on les appela naïbi, et en Espagne, où on les nomme encore naypes. Naiïb, en arabe, signifie capitaine, lieutenant ; il s’agissait donc d’un jeu militaire, comme le jeu des échecs, et nous sommes tentés de reconnaître dans ce premier jeu de cartes les tarots ou tarocs, tarocchi, tels qu’ils se sont perpétués dans le midi de l’Europe…

    Je laisse le soin aux spécialistes de compléter ces informations et d’apporter leurs connaissances et leurs commentaires…

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