livres anciens librairie essentiam

Café littéraire Essentiam

Votre espace, pour parler des livres anciens…

Les bibliophages

Par • 1 avr, 2010 • Catégorie: Entretien des livres anciens

On pense tout de suite aux insectes (et on a raison)… mais commençons par les autres nuisibles qui rôdent dans les greniers, les caves ou les celliers dans les maisons de ville ou de campagne, où peuvent être entreposés livres ou vieux papiers.
Les rongeurs tout d’abord (rats, souris, loirs…) contribuent à la lente mais inéluctable disparition des ouvrages anciens. A la voracité de ces petits nuisibles nocturnes, s’ajoute la rapidité de leur prolifération (35 jours après sa naissance, une souris domestique peut mettre bas tous les 50 jours une portée de six petits en moyenne). De manière indirecte, ils peuvent attirer d’autres animaux, les oiseaux par exemple qui peuvent nicher au sommet d’une vieille armoire, ou s’installer sur une poutre…
Les dégâts sont simples à deviner : grignotage et déchiquetage des contenants et contenus… tout y passe, emballage carton, journaux, cuirs, et papiers ainsi que les nombreuses souillures et cela dans un périmètre de 9 mètres carrés environ correspondant au territoire d’une souris.

Prévention : inspecter régulièrement vos lieux de stockage. A la moindre découverte de déjection sur le sol, ne tardez pas à agir. Informez-vous chez un droguiste des moyens efficaces et « propres » pour débarrasser votre pièce de ces nuisibles. Sinon… déménagez d’urgence l’ensemble de vos livres !

Mais les principaux agents destructeurs (et les plus courants) sont les insectes.
Insectes dans tous leurs états : larves ou imago (c’est à dire adulte). Nous ne citerons que quelques insectes fréquemment rencontrés :
Le plus connu est le poisson d’argent (Lépisma saccharina), le plus connu car le plus répandu. Il vous est peut-être arrivé de trouver au fond d’un cahier décousu un cadavre de cet insecte. Il est reconnaissable à sa couleur argentée, sa taille adulte peut atteindre 12 mm de long. Cet insecte, tout comme les blattes, les vrillettes, les psoques, les mites ont un point commun : tous ont comme nourriture favorite la colle et la fibre végétale, c’est à dire ce qui compose le papier ancien.

Les dégâts sont simples à identifer : il s’agit de cuir dévoré, de galeries dans les marges, voire des trous transperçant complètement un ouvrage (remarquez que le texte n’est pas souvent atteint, l’encre n’étant pas au menu des ces bêtes).

Prévention : la consultation fréquente de vos livres, le dépoussiérage des fonds de cahiers, page après page, à l’aide d’un pinceau (une brosse ronde et souple) qui chassera cadavres, insectes, oeufs, ou larves. Effectuez cette opération dans un lieu aéré (près d’une fenêtre ouverte, sur un balcon, etc.).

Chassez la poussière qui favorise le développement des insectes mais n’utilisez pas de chiffon en laine.

Les spécialistes conseillent une exposition à la chaleur pour débarrasser les nymphes des poissons d’argent : à 37°C, les nymphes sont détruites. En revanche, d’autres insectes affectionnent ces températures pour proliférer, aussi, à moins de confier un tel projet à un spécialiste, nous déconseillons ce genre d’initiative. (la chaleur n’étant pas non plus appréciée par les ouvrages).
Sachez que ces insectes n’aiment pas la lumière…donc l’inspection régulière de vos livres est un bon moyen de les déranger.
En toute honnêteté, le balayage des fonds de cahiers est le seul moyen sûr pour débarrasser votre livre d’éventuels insectes. Une fois cette opération réalisée, (et pour ne pas avoir à la répéter constamment), nous vous conseillons de mettre en place une « barrière », un répulsif à insecte en utilisant une cire insectifuge sur les reliures cuir.

Un autre moyen préventif moins connu mais efficace : l’utilisation d’huile de bouleau. Quelques gouttes sur vos étagères suffisent pour repousser les insectes.

Ce tableau ne doit pas être une source d’inquiétude, mais un simple rappel des bonnes raisons à la consultation régulière de vos ouvrages. Ce qui, nous n’en doutons pas sera toujours une source de plaisirs, une manière de retrouver un ami un peu oublié…

Autre(s) article(s) sur ce sujet

 

Marqué comme: , , ,

anime le Café littéraire Essentiam.
Vous êtes invité(e) par à continuer cette discussion en laissant votre commentaire !

3 Réponses »

  1. Les huiles essentielles sont réputées être de bons répulsifs pour les insectes, mais le meilleur moyen de les éviter dans une collection reste un entretien régulier des documents, ainsi que vous le précisez.
    Le placement d’ouvrages infectés par des insectes et larves dans un environnement sous vide permet de tous les tuer, il est effectué par certains établissements spécialisés.

  2. Il est super votre site. Bravo!

    J’ai des insectes dans mes très vieux livres. Ces livres ont été dans un milieu très humide pendant 20 ans puis je l’es ai hérité de ma tante. Mais j’habite dans les Hautes Alpes où il fait très secs. Depui une semaine je remarque dans quatre livres des petits trous et des galeries dans quatre livres. Je les ai isolé en attandant de savoir ce qu’il faut faire. Je m’inquiète beacoup.

    Pouvez vous me conseiller? Où puis je acheter les produits?

    Merci beacoup

  3. Merci pour vos encouragements !
    Vous avez bien fait d’isoler ces 4 livres, (mettez-les dans un sac plastique bien fermé) et surveillez les autres livres.
    Il ne faut pas prendre l’initiative d’asperger d’insecticides vos livres, cela pourrait être désastreux pour leur reliure, ou pour le papier.
    Si vos livres sont de l’époque XVIIe ou 1ère moitié du XVIIIe siècle, le papier est à coup sûr de fabrication artisanale, composé de chiffon de lin et encollé avec une colle de type gélatine de peau (restes d’animaux comme les chevreaux, agneaux, mouton ou encore gelée de poisson) ce dont les insectes raffolent !
    Si vos livres sont plus récents, le papier est réalisé soit avec une pâte mixte (chiffon + bois) soit une pâte de bois. On voit moins d’insectes dans les papiers à pâte de bois qui sont acides et qui ont pour certains eu un traitement chimique pendant leur fabrication.
    Votre insecte me fait penser au lépisme (poisson d’argent) car il a besoin pour creuser ses galeries d’avoir un papier dégradé par l’humidité, et vous me dites que ces livres ont été stockés dans un environnement humide…
    Sinon, cela pourrait être une vrillette (insecte qui fait du bruit, comme un tapotement).
    Voilà ce que je ferai :
    - un vrai dépoussiérage (au pinceau, entre chaque page, en insistant bien au fond des cahiers), j’explique la procédure dans le guide pratique d’entretien des livres anciens que vous pouvez télécharger.
    - ensuite, j’enfermerais ces livres dans un sac plastique bien hermétique avec quelques morceaux de naphtaline (qu’on trouve en droguerie).
    Le dépoussiérage devrait faire sortir l’insecte (s’il est toujours présent), et la naphtaline fera le reste !
    Surveillez bien les autres livres, il faut bien les aérer (et les dépoussiérer aussi) pour être certain de se débarrasser de ces petites bêtes.
    Essayez ces conseils, cela devrait bien fonctionner.
    Cordialement, Céline.

Laisser un Commentaire